La vie en Rouge

L'amitié

un trésor éternel

6-18-2012

L’amour a ses lettres de noblesse et a triomphé dans des millions de romans. L’amitié est un citoyen de deuxième classe, et pourtant…

L’amitié arrive dans nos vies bien avant l’amour. Dès l’enfance les amitiés se dessinent et peuvent rester riches et prospères tout au long de nos existences, j’en ai eu la preuve concrète vendredi dernier. 

À l’aurore de mon enfance, vers 12 ans, mon père a voulu me donner une solide base académique et m’a inscrit dans un pensionnat.  Dès le début de mon cours secondaire, j’étais donc pensionnaire au Collège Laval. Loin de ma mère, de mes sœurs et de mon meilleur ami, mon père. Mon père m’a toujours accompagné dans mes jeux. M’a traîné avec lui au Forum, applaudir Henri Richard et Jean Béliveau, il m’a façonné des patinoires saison après saison dans le champ derrière chez nous, et s’est lancé la balle mille fois, dans la rue ou dans la cour, avec moi. Or, il m’a fallu trouver d’autres partenaires de jeu quand je suis arrivé au Collège. C’est ce que j’ai fait. Pendant quatre ans, je me suis accumulé des amis, des Robert, des Benoît, des Guy, des Luc, des Lyan, des Normand, des Prévost et autres Daniel.  Des amitiés marquantes que la vie m’a fait laisser de côté quand j’ai construit ma famille et entrepris une carrière en communication. Je n’ai plus 12 ans, quelques fois plus que ça. Vendredi dernier, je suis allé jouer au golf dans un tout petit tournoi amical, avec quelques-uns de mes amis de ce temps révolu.  J’ai tout de suite constaté que rien n’a bougé. Oh, bien sûr, certains ventres se sont arrondis, et certaines têtes se sont dégarnies, d’autres ont blanchi et les démarches ont ralenti. Certaines voix se sont éraillées et d’autres genoux sont plus sensibles. Mais l’âme n’a pas changé. Le fond, la couleur, tout ça est resté absolument semblable, rien n’a bougé. Luc est toujours aussi volubile, Benoît, ricaneux, Robert pince sans rie, Normand sérieux, Lyan imprévisible, Guy talentueux.  Prévost gentil. Le temps a fait son œuvre sur leurs silhouettes (à quelques exceptions près) mais la base est demeurée intacte.  Et mon amitié pour ces petits garçons devenus des hommes est repartie de plus belle.

Quand mon père m’a inscrit au Collège Laval, il n’avait probablement pas la moindre idée de la profondeur du cadeau qu’il me faisait, il me faisait le cadeau de l’amitié, un cadeau éternel que la vie m’a redonné vendredi dernier, sur un terrain de golf de Terrebonne. Un cadeau toujours aussi étincelant, toujours aussi captivant , toujours aussi vrai.

Merci p’pa.

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2012-06-19 - Amitié

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  1. caroline nault affiché le 06-19-2012 09:34
    tellement vrai Christian
    il y a de ses gens qu'on croisent `un moment dans notre vie et qui sont là pour rester
    bon été mon ami
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